23 juin 2008

sur le projet de loi Olivennes

Ce matin j'ai fait la grasse matinée jusqu'à 8 heures du matin, j'étais bien reposé et content parce qu'il fait été, j'ai pris mon petit déj' dans le jardin et tout. Mon gros problème dans la vie, c'est que je n'arrive plus à dormir tard. Je dois 7 ou 8 heures et je suis bien... malgré moi. Mon royaume pour un gros dodo jusqu'à 10 heures du mat'! C'est dur parfois la vie...


ce matin j'ai lu sur le site de le Monde que 52 "artistes" ont signé une pétition pour soutenir le fameux projet de loi contre le téléchargement illégal. La liste complète des signataires et incluse: que des best-sellers. Questions: sont-ils manipulés par leurs maisons de disques? Ont-ils besoin de devenir encore plus millionnaires qu'ils ne le sont aujourd'hui? Sont-ils incapables de toute remise en question?

Les lois sur les droits d'auteurs ont été inventées au début du 19° siècle lors de l'institutionnalisation du capitalisme bourgeois. Ce concept a été théorisé pour la première fois par Kant. Avant, les artistes étaient rétribués selon d'autres systèmes (mécénats, commandes, employés dans les cours ou eux-mêmes aristocrates). Ce qui montre que dans ce cas aussi le concept correspond à une évolution socio-économique. Il n'est pas éternel et immuable, vrai en soi.

Dans les années 1980, lorsqu'on aimait une musique et qu'on ne voulait pas acheter l'album original, on empruntait la cassette ou le vinyl chez un ami et on faisait une copie sur bande magnétique. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la copie privée. Tout le monde s'en foutait. Dans les années 1990, lorsque sont apparus les graveurs de CD à prix réduit, on a continué en format numérique. Dix ans plus tard, internet est partout, on peut échanger toute sorte d'information dans le monde entier en un clin d'œil. C'est sympa, maintenant j'ai 7 milliard d'amis. La révolution technologique actuelle accompagne naturellement une évolution socio-économique.

Oui mais voilà, les industriels du disque – et du cinéma – ont fait des calculs et maintenant ils ont l'impression de perdre de l'argent. L'évolution ils s'en foutent, ce qui les intéresse c'est de gagner encore et toujours plus. Ils veulent que tout continue tel quel et sont prêts à tout pour défendre leur territoire. Donc les lobbys s'activent et veulent adapter les lois dans le sens du durcissement. Le problème, c'est qu'on ne peut pas empêcher le fleuve de couler avec ses mains. Les technologies vont s'adapter – par exemple les fameuses protections sur un CD commercial ou la limitation dans le téléchargement légal ne sont plus que des lignes Maginot. Les manières de rester anonyme aussi, et les vraies pirates vont devenir de plus en plus difficiles à détecter – les terroristes, les pédophiles, les sectes, etc. Si on commence à traquer le téléchargeur du dimanche, ils vont se fondre dans la masse. Mais ce n'est que l'un des multiples dilemmes que soulève cette question.

Ce qui est curieux, c'est que d'autres solutions viables existent. La rétribution volontaire, l'écoute gratuite sur des sites contenant de la pub, ou ceux qui produisent l'artiste lorsqu'il y a eu suffisamment de participation de la part des internautes, par exemple. Le problème, c'est que ces nouvelles approches remettent en question le pouvoir. Ce n'est plus certains qui imposent, c'est tous qui participent. Ce n'est plus l'ordre établi, c'est le bordel. Et forcément ça ne plaît pas. La question n'est pas de pousser à l'illégalité, au vol, à l'expoliation des biens immatériels créés par ceux qui nous apportent tant de joie – les artistes. La question est de résister, de débattre, de comprendre. Et d'être prêts à évoluer, de toute façon nous n'avons pas le choix.

Posté par nicocans à 20:19 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur sur le projet de loi Olivennes

    d'ac

    Très bien écrit ton post! outre le fait que je sois d'accord tes arguments sont pertinents. Or hélas comme tu as dit "nous n'avons pas le choix" .
    Caca-pipi-talisme etc

    Posté par hérisonne, 24 juin 2008 à 12:00 | | Répondre
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